giphy-downsized copie.GIF

#11 - DEMON SLAYER, PLUS BEL ANIME DE TOUS LES TEMPS ?

25 novembre 2021

 

Évidemment, il fallait bien que je finisse par vous parler de Demon Slayer, tellement la hype autour de ce manga est importante, notamment au Japon ! 

C’est un manga qui fait un peu polémique malgré tout, car il y a plusieurs teams : ceux qui sont complètement fans et ceux qui clament haut et fort que ce manga est surcôté et qu’il ne mérite pas tout l’engouement qu’il y autour. 


Alors qu’en est-il réellement ? 

Ou du moins, quel est mon avis (le plus objectif possible) là-dessus ? 

PAS DE SPOILS DANS CET ÉPISODE. 


Comme toujours, rappel sur cette œuvre :

Mangaka – Koyoharu Gotoge. Il y a pas mal de secret autour de ce mangaka qui tient à rester discret avec un pseudonyme, mais en réalité, il s’agirait d’UNE mangaka ! 

Parution – Japon : février 2016 / mai 2020 avec un total de 23 tomes. 
France – une première fois août 2017, janvier 2018 sous le nom des « rôdeurs de la nuit », chez Panini Manga, mais c’est un flop total et le manga ne décolle pas en France. Une nouvelle édition est publiée, sous le nom « Demon Slayer » depuis septembre 2019 et il y a a ce jour, 20 tomes de parus. 

Animation – par Ufotable, une saison entre avril et septembre 2019 et en simulcast sur Wakanim, et depuis le 1er novembre, disponible sur Netflix !

Le film d’animation du Train de l’infini est sorti en mai 2021 en France. La saison 2 est prévue pour décembre 2021.

Un jeu vidéo : Demon Slayer – Kimetsu No Yaiba - The Himonkani chronicles est sorti en octobre 2021. 

Résumé de l’œuvre

Tanjiro Kamado vit chichement dans une maison dans la forêt avec sa maman et ses frères et sœurs. Il est l’aîné et part un matin vendre du bois au village, et promet de revenir rapidement. Sur le chemin du retour, tard le soir, il passe devant la maison d’un vieux monsieur, qui l’interpelle et lui propose de l’héberger car il lui explique qu’il est dangereux de se promener en forêt la nuit, à cause des démons qui dévorent les humains. Tanjiro reprend la route le lendemain matin et trouve toute sa famille très violemment assassinée. Grâce à son pouvoir qui lui permet de détecter des odeurs de manière très précise, il réalise que l’une de ses sœurs, Nezuko, est inconsciente mais semble toujours vivante. Il la porte sur son dos et décide de l’emmener très loin. En chemin, elle se réveille, et il constate avec effroi qu’elle s’est transformée en démon et elle attaque Tanjiro. Mais elle semble toujours ressentir des émotions d’humain, contrairement aux démons « classiques ». Apparaît alors, Tomioka, un « pourfendeur de démons » (plus communément appelé demon slayer) qui tente de tuer Nezuko, mais qui constate qu’elle est différente des autres démons et qu’un vrai lien l’unit à son frère, prêt à tout pour la défendre. Il rengaine donc son katana et dit à Tanjiro d’aller trouver Uroroki, un grand maître des demon slayers, pour s’entraîner et devenir lui-même un pourfendeur de démons, afin de pouvoir se lancer dans une aventure qui lui permettra peut-être de trouver un antidote pour sa sœur et de la faire redevenir humaine. Evidemment, au cours de l’histoire, Tanjiro va rencontrer de nombreux ennemis avec les démons, et leur grand maître originel Muzan Kibutsuji, mais aussi des alliés, avec les plus grands demon slayers, appelés les piliers, ainsi que son lot de rebondissements et de découverte sur sa propre famille et son passé. 

Pour la petite histoire, les premières versions de Kimetsu no Yaiba étaient plus sombres et moins humoristiques que celle qu’on connaît aujourd’hui, avec les thèmes d’épées et de démons que les japonais connaissent bien. L’éditeur de la mangaka lui a donc demandé d’intégrer un personnage plus « simple », plus « humain » et attachant, pour que les lecteurs puissent plus facilement s’identifier au personnage. Gotoge reconnaît également s’être inspirée de Jojo’s Bizarre Adventure et de « l’onde » pour ses systèmes d’énergie, les « souffles ». 


L’anime de qualité.

Évidemment, quand on pense à Demon Slayer, on pense directement à cet anime exceptionnel. Que les gens aiment ou non le déroulé de l’histoire et du scénario, tout le monde est unanime sur le fait que l’anime est un chef d’œuvre monumental et qu’il surpasse tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent en termes d’esthétisme. Tout est beau. L’animation est incroyablement réussie (pour ne pas dire qu’elle a complètement sublimé le manga). Les différents souffles ont réussi à être matérialisés à la perfection. Les décors sont extrêmement bien faits et travaillés. La bande son est oufissime (le générique de DS Gurenge, reste à ce jour mon OST préféré tous mangas confondus (et Dieu sait qu’il y en a des vraiment géniaux !). C’est vraiment une claque visuelle en termes d’animation. 

Quant au film du Train de l’infini, qui est sorti au mois de mai et qui a été actuellement découpé en plusieurs épisodes pour la saison 2, wouaaaaaah, je crois que j’ai rarement été hypée par un anime de toute ma vie tellement tout était parfait. Il y a des débats (éternels débats comme toujours) sur l’utilisation trop massive de la CGI et de la bande son, un peu électro qui était trop décalée par rapport à l’histoire, mais je ne suis pas du tout d’accord. Je trouve que tout était bien dosé, et qu’on ne voit pas passer le film, tellement on en prend plein les yeux tout du long.

Ok, l’anime est génial, mais qu’en est-il du manga ? 

Comme je le disais précédemment, il y a de nombreux débats autour de la qualité scénaristique de ce manga. L’anime est tellement exceptionnel (et il est difficile de dire le contraire) que pour certains, cela camoufle les lacunes de l’histoire. 

Pour rappel, comme je l’ai dit dans l’introduction, en 2017 Panini sort une première fois le manga sous le nom des « Rôdeurs de la nuit » (franchement, quelle idée ?!) et ne fonctionne tellement pas, qu’ils arrêtent la publication à partir du tome 4. Cela s’expliquerait par un manque total de communication et de marketing sur la sortie de ce manga. Suite à la sortie de l’anime en 2019, qui est un carton plein, Panini décide de ressortir une nouvelle édition, avec le nom original « Demon Slayer », qui, portée par l’animé et dont la traduction a été retravaillée pour être plus proche de l’œuvre originale, est un succès. 

Alors de manière objective, Demon Slayer qu’est-ce que c’est ?

Un 100% shonen – Pas de grande surprise scénaristique, les codes sont respectés. Tanjiro est un jeune garçon, presque adolescent, qui a un nouvel objectif ultime : celui de sauver sa sœur et de la faire redevenir humaine, coûte que coûte. Il va commencer par s’entraîner petit à petit, afin de devenir plus fort et pour cela se dépasser régulièrement. Il va croiser de nombreux ennemis et un peu à la manière de Naruto et de son TalkNojutsu (et oui, vous avez vu, je ne peux pas m’empêcher de citer Naruto !), il va réussir à adoucir les cœurs (le salut de l’âme, le fameux !) de nombreux personnages, même des démons, grâce à sa gentillesse et sa pureté débordantes. Il va également évoluer, gagner en maturité et se faire des amis proches, qui l’accompagneront dans ses aventures. Il y a des entraînements, des combats, des maitrises de souffles, ce qui anime le récit. Il va rencontrer de nombreux antagonistes, plus ou moins marquants. Donc en effet, rien de nouveau ou de transcendant en termes de scénario, mais cela reste efficace. Le début de l’histoire est plutôt violent, avec le massacre entier de sa famille, mais pouvez-vous me citer des personnages de shonen ayant eu des vies joyeuses et paisibles ? Haha. Évidemment, on va retrouver les valeurs classiques du shonen que nous connaissons bien : esprit d’équipe, dépassement de soi, travail, amitié, salut de l’âme, etc etc. 


Des personnages qui ne laissent pas indifférent
Tanjiro évidemment, est un personnage super attachant. Il est d’une gentillesse extrême et il essaye de voir le bon dans chacun d’entre nous. Il s’énerve très rarement, et n’est pas violent par choix, mais plutôt par obligation ou pour défendre les siens. Il ne quitte jamais de vue son objectif final qui est de sauver Nezuko, mais il tente de venir en aide au maximum de personnes. Il est également plein de compassion envers les démons et est souvent ému quand il decouvre leur histoire au moment de leur mort. 

Nezuko, quant à elle, il est relativement difficile de se faire un réel avis, car elle ne parle pas pendant la grande majorité de l’histoire. Mais, à l’image de son frère, c’est quelqu’un de profondément bon. Contrairement aux autres démons, elle se refuse de manger les humains et préférera tomber dans un coma de plus de deux ans, plutôt que de céder à la faim. Elle ne cèdera pas non plus aux provocations du pilier du Vent, Sanemi Shinazugawa qui tentera de prouver qu’elle est dangereuse et qu’il faut la tuer. 

Zenitsu et Inosuke – les deux compagnons de Tanjiro. L’un très peureux, l’autre grosse brute qui fonce dans le tas, ils sont tous les deux puissants et maîtrisent leurs souffles à leur manière : la foudre pour l’un, la bête pour l’autre. Ils sont très attachants et d’un grand soutien pour Tanjiro, au quotidien. Par leurs deux caractères un peu caricaturaux, ils apportent une grande touche d’humour au récit. 

Les piliers – On va au fur et à mesure de l’histoire, rencontrer les 9 piliers et les souffles qui leurs sont propres : amour, vent, eau, insecte, serpent, son, roche, flamme, brume, fleur. Ce sont les plus puissants Demon Slayer (Hashira) et ils vont chacun avoir un moment dédié dans l’histoire, qui nous permettra de nous rendre compte de l’étendue de leur talent et de leurs puissances. 

Les démons – Certains démons sont plus importants que d’autres et au cours de l’histoire on va en croiser beaucoup. Mais les plus importants seront évidemment les 12 lunes démoniaques, démons les plus puissants, et ayant reçu le plus de sang de Muzan Kibutsuji.

Muzan Kibutsuji – le sosie de Michael Jackson, soyons honnêtes hahaha. Mais aussi un puissant antagoniste. Il serait immortel et à l’origine des premiers démons. Il semblerait évidemment être aussi la clé pour rendre l’apparence humaine aux démons possédés, comme Nezuko. Il est extrêmement puissant et c’est lui qui choisit évidemment les candidats aux 12 lunes démoniaques. Il semble avoir une vie de famille, avec une femme et une enfant, qui ne semblent pas connaître sa vraie nature. 

Un déroulé de l’histoire plutôt efficace

Contrairement à de nombreux mangas qui traînent en longueur et qui ont tendance à entraîner un petit sentiment de lassitude, le rythme dans Demon Slayer est bon. Les choses vont vite. C’est un manga en 23 tomes, donc contrairement à des One Piece ou des Naruto qui s’étalent sur plus de 70 tomes, et où les auteurs peuvent prendre leur temps, Demon Slayer ne se permet pas ce luxe. L’entraînement de deux ans de Tanjiro passe en un éclair. On entre rapidement dans le vif du sujet et le découpage est efficace. Tanjiro s’entraîne. Tanjiro rencontre les piliers. Tanjiro se fait des amis. Tanjiro part à l’aventure. Les piliers sont tous mis en avant les uns après les autres, dans des arcs (certes inégaux) dédiés. Puis de manière assez classique, les combats contre les lunes démoniaques. Il y a évidemment de l’émotion, car comme dans tout bon shonen, on subit des pertes du côté des gentils. Il y a bien sûr, un mystère qui entoure Tanjiro avec ce souffle inconnu, qu’il semble maîtriser malgré lui. Le passé de son père, qui est un être énigmatique, qui lui apprend la danse du feu. Muzan qui semble craindre un homme aux boucles d’oreilles en cartes, comme celles de Tanjiro (dont il a hérité de son père, d’ailleurs). Plein de petites informations qu’il va découvrir au fur et à mesure de l’histoire et dont les réponses arriveront afin la fin du récit. 

De belles morales
Cela reste un shonen, qui a pour vocation de nous rappeler les valeurs essentielles habituelles.  Mais je trouve que c’est traité avec poésie. Tanjiro est peut-être un petit peu naïf, comme le diront certains, mais il a une jolie pureté d’âme. Même les démons, qui sont des créatures maléfiques, semblent être dotés de regrets au moment de leur mort et Tanjiro éprouve presque systématiquement de la compassion pour eux. Il comprend que la grande majorité n’ont pas demandé ou souhaité être des démons et qu’ils ont tout oublié des moments agréables de leur vie passée, dont ils vont se souvenir au moment de mourir. Il y a cette notion de « partir libéré ou apaisé », qui est belle, dans cette histoire. 


Des dessins clairement sublimés par l’animé.

Je ne suis pas aussi catégorique que les gens qui disent que les dessins ne sont pas beaux. Déjà, parce-que je considère que c’est un léger manque de respect envers un auteur, qui donne tout ce qu’il a pour nous fournir une œuvre, quelle qu’elle soit et qu’on ne serait pas capables de faire ne serait-ce que la moitié de ce qu’il fait (et Dieu sait que pourtant, au départ, les dessins de One Piece m’ont rebutée !). Le style de Gotoge est « féminin », les traits sont arrondis, et doux et ils « font le taff ». Les décors sont plutôt bien réalisés, ainsi que la mise en scène des combats et des souffles. Le tout est évidemment complètement sublimé dans l’anime, mais cela reste tout de même une jolie œuvre qui se laisse lire de manière fluide.  


Une fin mitigée 

A croire que les mangakas sont frappés d’une malédiction qui les empêche, à part pour certains rares élus, d’offrir une fin exceptionnelle et qui fait l’unanimité auprès de leurs lecteurs. A mes yeux, la fin de Demon Slayer n’est pas réussie. Et je ne parle pas de l’épilogue qui raconte ce qu’il se passe des années après, je parle vraiment des derniers chapitres de l’histoire, l’arc « final » contre Muzan, qui, à mes yeux, a été complètement bâclé et fait à la va vite. L’auteur a mal dosé le récit, qui se termine de manière trop rapide, trop facile, trop évidente. Ce qui est dommage. Alors, je ne sais pas si c’est par manque d’inspiration ou par contraintes de temps, mais on ressent une légère frustration en finissant l’œuvre, comme s’il manquait des pièces du puzzle, ce qui laisse un petit goût amer. 


EN CONCLUSION


Sans être une œuvre transcendante de nouveauté au niveau scénaristique, Demon Slayer est une œuvre néanmoins efficace. Les cases du shonen sont cochées, on a un personnage principal attachant, avec un objectif, des personnages secondaires présents et importants, des antagonistes de qualité et un déroulé logique, qui fonctionne. Donc si vous vous attendez à une trame révolutionnaire, avec une histoire qui vous retourne le cerveau, ce ne sera pas le cas avec DS. Si vous voulez un bon shonen en plus de tous ceux que vous connaissez déjà, vous serez servis. 

Néanmoins, on peut dire que l’anime de ce manga est spectaculaire. Ça ne ressemble en rien à ce qu’on a déjà pu voir et je le classe dans aucune hésitation, premier des animations les plus réussies, en terme de manga. 

Et pour tous ceux qui continuent de critiquer ce pauvre Demon Slayer, sachez que ce cher Eiichiro Oda (et oui, le GOAT des GOAT) a dit en parlant de ce manga : « Au Jump, Kimetsu no yaiba était vraiment incroyable. J'ai apprécié la façon dont il a pu sauver les sentiments de tant de personnes. Un travail absolument superbe. C'est comme ça que je veux que le manga soit. Cela m'a touché, en quelque sorte ! »