giphy 7 copie 6.GIF

#6 - TOKYO REVENGERS, QUAND LE FURYÔ FAIT FUREUR.

22 octobre 2021

 

Évidemment, je ne pouvais PAS ne pas dédier au moins un épisode à ce manga qui connaît un succès retentissant et qui est dans le top des ventes de mangas au Japon, depuis plusieurs mois ! 

Tokyo Revengers mes amis ! 

Et oui, ce manga masterclass +++ qui séduit tout le monde ! 

Mais pourquoi un tel succès ? 

Je vous propose donc que nous creusions un peu le sujet.

Qu’est-ce que le furyo ?

Déjà, revenons d’abord sur le terme de « furyo », qui caractérise le type de manga auquel appartient Tokyo Revengers. Le furyo qui signifie littéralement « délinquant » en japonais, raconte souvent l’histoire de voyous au grand cœur. Ils sont en général lycéens, en bande, peu commodes et qui cherchent à imposer leur domination sur un territoire donné. Souvent, ils n’ont pas un mauvais fond et cherchent surtout à faire respecter leurs valeurs comme l’amitié, la force et la volonté, à grand renfort de coups de pieds et poings !


Le furyo est né au Japon dans les années 60, au moment où le monde du manga connaît un nouveau tournant et se veut plus « sérieux ». Mais cela suivait également une certaine réalité sociologique de l’époque. Les jeunes qui avaient du mal au niveau scolaire, se retrouvaient rapidement attirés par des gangs, notamment de motards, « les bosozokus » que l’on retrouve notamment dans Tokyo Revengers (mais aussi chez son grand frère, Akira de Katsuhiro Otomo). 

Tout comme nos shonens plus « classiques », le héros apprendra au fil des combats, des valeurs importantes qui lui permettra de grandir et de devenir un homme. A ce jour, le personnage furyo le plus connu par nos générations, est Eikichi Onizuka, héros de GTO – Great Teacher Onizuka (sorti en 97). Ce n’est pas un genre qui a un franc succès en France. Néanmoins, avec le carton qu’est Tokyo Revengers, on peut espérer que cela redonne des lettres de noblesse à ce style, boudé par les Français. 

Comme toujours, un rapide rappel sur cette œuvre : 

Mangaka – Ken Wakui (lui-même, ancien voyou)

Date de publication – depuis mars 2017 au Japon

En France – chez Glénat depuis 2019 (14 tomes parus au moment de cet épisode)

Anime diffusé par Crunchyroll depuis avril 2021. 

Un film live action est sorti au Japon en juillet 2021, il faudra donc attendre un peu pour le voir faire son apparition sur les écrans français.

Alors concrètement Tokyo Revengers, ça parle de quoi ?

Dans l’époque actuelle, Takemichi Hanagaki est un jeune homme de 26 ans qui a une vie vraiment banale, voire nulle. Un jour aux infos, il apprend que Hinata Tachibana, sa petite amie de l’époque du collège, a été tuée avec son frère, dans un règlement de comptes entre 2 gangs rivaux, dont le Tokyo Manji-kai (plus communément appelé Toman).


Le lendemain, un peu pensif, Takemichi attend le métro sur un quai et il est poussé par quelqu’un sur les rails. Au moment où il va se faire percuter, il fait un bond dans le temps, d’exactement 12 ans en arrière, à l’époque du collège, l’année où justement, il sortait avec Hinata. Comprenant que ce n’est pas un hasard, Takemichi prend la décision de tout faire pour sauver Hinata et c’est ainsi qu’il va faire ses premières rencontres avec les membres du Tokyo Manji-kai, notamment son chef, le charismatique Mikey. 


Pourquoi est-ce qu’on aime autant Tokyo Revengers ? 


1- Les personnages, les personnages et encore les personnages

Takemichi - On a tout d’abord, le personnage de Takemichi. Takemichou, comme aime l’appeler Mikey. Takemichi, qui est un jeune adulte des plus banals. Il n’a vraiment pas une vie palpitante, il travaille dans un magasin, vit dans un appartement en bordel, n’a pas de copine. Bref, une vie « normale ». Il n’est pas particulièrement fort, ni courageux. Et c’est en ça qu’on s’identifie rapidement à lui. Ça pourrait être notre pote d’enfance, ou notre collègue de travail. 


Hinata – évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Naruto (comme tout le monde, je pense !!). Elle est également très attachante parce-que c’est la girl next door sympa, qu’on a envie d’avoir comme copine. Elle a du cran, elle est sensible et en même temps elle ne se laisse pas faire du tout. Et surtout, comme Takemichi, on n’a pas du tout envie qu’elle meure !


Naoto – Même s’il passe vraiment pour le petit frère insupportable au début, on finit par l’apprécier, et il reste un élément essentiel du bon déroulement de l’histoire ! 


La bande de copains de Takemichi – On ne peut pas ne pas les aimer non plus. Ils sont un peu idiots, comme les mecs le sont en 4e, un peu grande gueule, et pas forcément très courageux au premier abord. Mais ils se soutiennent mutuellement et ne se laissent jamais tomber, même s’ils savent qu’ils ont peu de chance de gagner ! 


Les membres du Tokyo Manji-kai – On ne peut pas parler de Tokyo Revengers, sans parler du Tokyo Manjikai. Et de son chef, l’énigmatique Mikey (Manjiro Sano) un génie de la baston, tout en étant très enfantin. Mais qui se transforme en leader solide quand il faut mener ses troupes à la gueeerrrre.


Ou le second, Draken et son légendaire tatouage dragon sur les tempes, (qu’il a fait a … 9 ans !! Oui, oui ! A 9 ans !) Bon, après à sa décharge, il n’a pas eu une enfance facile, à vivre dans un bordel de prostituées.


Il y a évidemment aussi les capitaines de bridages, tels que Baji, Chifuyu, Mitsuya, Pachin, les jumeaux Kawata, etc… Que des persos extra avec des personnalités complètement déjantées. Malgré leurs airs de voyous, on s’attache énormément à eux et on comprend de mieux en mieux les objectifs de Takemichi à vouloir sauver tout ce petit monde.


Les clans rivaux - Valhalla, les Black Dragons, Moebius, breeeef, on a toujours des super gangs rivaux, des combats de ouf, des leaders d’autres gangs tout aussi charismatiques (ou presque) que Mikey. 


Les antagonistes et les rebondissements Teta Kisaki, Hanma, Kazutora, Taiju et j’en passe ! Tous ont des histoires très détaillées, qui nous expliquent souvent comment ils ont pu en arriver là où ils en sont et pourquoi ils sont devenus des « méchants ». On réalise rapidement, qu’il y a peu d’antagoniste profondément méchants par nature (même si certains sont plus ravagés du cerveau que d’autres) et qu’au contraire, ils ont tous eu des circonstances de vie assez terribles ou dramatiques, qui les ont poussés à se ranger du côté « obscur ». 


2. L’ambiance générale de l’histoire 
Mis à part les déplacements spatio-temporels, il n’y a aucun élément surnaturel dans l’histoire. Pas de pouvoirs, pas de magie, rien. Juste une histoire dans la « vraie vie » avec des « vrais gens », comme vous et moi, qui semblent juste pour certains, avoir des prédispositions évidentes, voire des talents, pour la baston.


Du coup, forcément, on va s’identifier d’autant plus facilement aux personnages, qui, contrairement à des ninjas, ou des pirates, pourraient être nos voisins de palier ou « des gars qu’on connaît ». Le monde des gangs apporte aussi un peu de nouveautés. On change un peu d’univers par rapport à ce qu’on a l’habitude de connaître, et ça fait du bien. 


3. Les décisions du passé qui se répercutent sur le futur 
Une vraie démonstration de l’effet papillon. Qui nous montre aussi qu’on doit faire des choix dans la vie. C’est ce que va apprendre Takemichi à ses dépens. Qu’il arrive des moments où il n’y a pas forcément systématiquement un happy ending. Qu’il faut parfois faire des sacrifices. Cela rejoint d’une certaine manière le nekketsu classique et les valeurs que l’on va retrouver dans les mangas « traditionnels ». 


4. L’évolution des personnages, en particulier celle de Takemichi 
D’abord un loser (cela n’est d’ailleurs pas sans rappeler de nombreux shonens déjà existants), il n’en reste pas moins courageux et se laisse rarement abattre. Même s’il pleure beaucoup (et souvent), il continue de garder la tête haute et de ne rien « lâcher ». C’est un bel exemple de persévérance. Même s’il a très peu de puissance et aucune expérience réelle de combat, il n’hésite pas à foncer tête baissée pour défendre les causes qu’il considère justes.


Pour le reste des personnages, au fur et à mesure que l’histoire avance, on remarque tout de même une évolution dans leur caractère et leur développement. Il ne faut pas oublier que cela reste des « ados », qui grandissent petit à petit. Je n’en dirai pas plus pour ne pas risquer de spoiler l’histoire !


Les points négatifs de Tokyo Revengers

Pour le moment, l’œuvre n’est pas terminée et ne semble pas l’être avant un petit moment. Mais quels sont les points qui, à mes yeux, nuisent au succès du manga ? 


1. La cohérence
Dans son ensemble, le manga est très bon. Les dessins sont beaux, l’histoire est prenante, les personnages sont attachants. Le premier défaut (pas énorme) que je note dans cette œuvre, c’est le décalage entre les actions des personnages et leur âge.


Ils sont censés être en 4e ou 3e (donc avoir entre 12 et 15 ans), mais ils se comportent comme des jeunes adultes, voire adultes tout court. Ils ont des motos, ne semblent pas avoir des parents très présents (mais de toute façon vous remarquerez que souvent dans les mangas, soit les parents sont morts, soit ils sont horriblement méchants, soit ils sont inexistants !) et sont super libres de leurs actions.


Quoique, en y réfléchissant bien et en repensant aux évènements du monde actuel, ce n’est finalement pas si incohérent que ça, quand on voit que des bandes de gamins s’attaquent les uns aux autres à coup de barre de fer !


2. La répétition

Le voyage dans le temps, c’est un thème dont on ne se lasse jamais. Preuve en est : un film comme Retour vers le futur a toujours autant de succès, une vingtaine d’années après !


Mais n’y a-t-il pas un risque de répétition trop important ? Takemichi fait des aller-retours entre le passé et le présent (et des nombreux) pour pouvoir changer le cours du temps, chaque fois avec des éléments nouveaux. Mais ne risque-t’on pas de tomber dans une lassitude au bout d’un moment ? 


Il me semble que l’auteur avait déclaré que ce serait une œuvre qui ne comporterait pas énormément de tomes, donc plutôt courte. J’espère donc qu’il réussira à éviter les appels de sirènes et de la gloire, qui le pousseront à continuer son manga et qu’il saura nous offrir une fin digne de ce nom, avant de tomber dans du « fan service » abusif. 


Aujourd’hui, ce sont les deux seuls uniques défauts que je trouve à cette œuvre, qui est super prenante. L’anime est de qualité, avec des OST au top et une animation particulièrement réussie. 


Conclusion 

Je vous recommande donc de découvrir cette œuvre, pour tous ceux qui ne la connaissent pas. Ça vous changera des sentiers battus et des shonens plus « classiques » et vous vous prendrez tout de suite dans l’histoire ! L’univers est sombre, mais on retrouve néanmoins de belles valeurs telles que l’amitié, le respect et la confiance. 

Pour les pros mangas, les dessins sont magnifiques et on a des doubles pages de combat vraiment incroyables. Pour les pros animes, vous ne serez pas déçus non plus. 

Après, il ne vous restera plus qu’à tergiverser pour savoir si vous êtes plus Team Mikey, Team Draken ou Team Takemichou !